21 Oct

CPMN / BIOCOOP : les fondamentaux d’un dialogue (social)… du 3e type.

cpmn-biocoop-lascoux-piquet-pellorce-dialogue-social-mediation-kiefer « Les nouveaux fondamentaux du dialogue social en entreprise ». Tel a été pendant deux jours, les 20 et 21 octobre, le thème central du symposium annuel de la Chambre professionnelle de la médiation et de la négociation (CPMN) organisé, cette année, au Palais des Congrès de Lyon. Un thème qui a pris un sens beaucoup plus concret dans la bouche de Jean-Louis Lascoux, le maître de cérémonie, et plus encore dans celle de l’un de ses hôtes : Gilles Piquet-Pellorce. Un Directeur général de Biocoop, fleuron de l’économie sociale et solidaire, qui s’est fait le chantre du « droit à la parole pour tous les salariés ».

p1070213« Les nouveaux fondamentaux du dialogue social en entreprise » : vaste programme ! Décliné ici en débats et en ateliers. Notamment autour du « dispositif de médiation professionnelle interne », le DMPI, que cette chambre (un syndicat professionnel, en réalité) propose désormais aux entreprises d’appliquer. Et avec derrière ce nouvel « instrument de qualité relationnelle » made in CPMN, sans doute la marque d’un glissement. D’une médiation de la résolution et de la prévention des conflits, vers une médiation de la gouvernance, de « l’ingénierie relationnelle au service des organisations ». Un peu abstrait tout ça, peut-être ? Sans doute un peu, oui, pour les non-initiés…

cpmn-biocoop-lascoux-piquet-pellorce-dialogue-social-mediation-kiefer Fort heureusement, au cœur de ces deux jours de discussions, pour les besoins d’une interview diffusée dans l’amphithéâtre principal, il y a eu une rencontre du 3e type susceptible de remettre les pieds sur terre à tous les participants. Une rencontre entre deux « types », ou disons plus joliment, entre deux personnalités qui ont la médiation dans les gènes. Deux mutants en quelque sorte…

Ou plutôt deux militants, toujours prompts à monter en tribune pour faire des beaux discours, doublés de deux précurseurs capables, grâce à leur longue pratique, de donner chacun à leur façon une saveur toute particulière à ce dialogue social sauce médiation.

Témoin privilégié de la scène, Lauvikom a donc fini par se dire qu’il serait dommage de réserver cet échange aux seuls participants de ce symposium. Et cru bon de vous donner accès à cette vidéo à vous aussi.

p1070180L’entretien débute certes par un rappel du… conflit opposant Biocoop à Monsanto. Et de la condamnation récente de Biocoop, jugée coupable d’avoir dénigré les pommes traitées avec des pesticides de synthèse. Mais très vite, le face-à-face devient autrement plus goûtu.

A gauche, Gilles Piquet-Pellorce, Directeur général de Biocoop. 6000 salariés. Une entreprise « comme les autres ». Avec ses tensions, ses conflits, parfois. Avec des relations sociales faites de négociations obligatoires entre représentants. Certes. Mais pas que.

A droite, Jean-Louis Lascoux, Directeur de l’École professionnelle de la médiation et de la négociation et vice-Président de la Chambre professionnelle de la médiation et de la négociation. Des organisations où l’on insiste (donc) beaucoup sur ce « professionnel », et pour faire entrer (d’abord) cette médiation-là dans les entreprises. Certes. Mais pas que.

Car à gauche, se trouve aussi un homme dont l’entreprise a signé son premier contrat de médiation dès 2003. Et qui depuis, entre des « Ateliers de la politique sociale » et un réseau de « salariés écoutants », a réussi à (s’) appliquer un « droit à la parole pour tous ». Un droit dont use par exemple une « section des salariés sociétaires ». Environ 280 salariés « qui non seulement participent à la vie de l’entreprise au quotidien, mais peuvent donner leur avis sur la stratégie de l’entreprise, voire influer sur les décisions qui vont être applicables à tous sans exception ».

p1070124Et à droite, il y a un homme qui se bat lui aussi depuis plus de 15 ans. Qui tente désormais de faire inscrire dans la constitution française un « droit à la médiation ». Au même titre que le droit à l’éducation est inscrit à l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et qui rêve de voir créé en France d’ici 2025 un ministère de la médiation, ou un secrétariat d’État comme il a pu en être créé un pour « les droits des femmes », parce que c’était le sens de l’Histoire.

A gauche et à droite, deux expériences plutôt convaincantes sur l’intérêt de poursuivre partout la promotion de la médiation, à l’aune des bienfaits qu’elle procure déjà dans certaines entreprises. Deux « visions » de l’homme et de ses modes d’organisation qui peuvent sans doute sembler encore « révolutionnaires » aux yeux de bon nombre d’acteurs. Mais dont ces deux hommes s’accordent à penser, en regardant les changements qui s’opèrent partout dans le monde, que ce n’est plus qu’une question de temps.

Thierry KIEFER

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